19/02/2012 - Le Soleil - Point de vue - Protéger le pouvoir citoyen

Il importe pour nous, de protester publiquement contre le fait de ne pas avoir pu réclamer la tenue d'un référendum concernant une modification de zonage nécessaire à un projet immobilier projeté sur le terrain de l'ancienne église Sainte-Maria-Goretti, à Charlesbourg.

Ce projet de 175 condominiums regroupés dans un complexe atteignant six étages, alors que le milieu environnant est majoritairement composé de maisons unifamiliales, n'est ni une densification douce ni un moyen pour améliorer la condition de vie des gens du quartier, comme voudraient nous le faire croire nos élus.

Nous considérons avoir été bernés par la conseillère de l'arrondissement qui avait déclarée, en réunion publique, que les citoyens auraient toujours la possibilité de réclamer la tenue d'un référendum si le projet définitif ne les satisfaisait pas. De bonne foi, les opposants au projet immobilier endossé par la ville ont participé en grand nombre à une rencontre d'échanges avec le promoteur et les représentants de l'arrondissement. Il est ressorti de cette rencontre que les participants étaient majoritairement opposés au projet, jugé beaucoup trop gros; ils acceptaient toutefois le principe d'une densification douce, conforme à l'énoncé de politique de la ville, en matière d'urbanisme.

Mais le comité exécutif de la ville de Québec a joué d'astuce en retirant le projet des mains du conseil d'arrondissement et en reprenant le processus, cette fois en invoquant l'article 74.4 de sa charte qui lui permet de soustraire à tout référendum un projet "dont la superficie de plancher est supérieure à 25 000 mètres carrés" . Dès lors, la seule possibilité qui restait aux citoyens était de s'exprimer dans le cadre restreint d'une assemblée publique de consultation.

Lors de cette assemblée, 135 citoyens étaient présents dont 71 sont intervenus pour demander à la ville de reconsidérer le projet en tenant compte des propositions déjà faites, soit la construction de maisons de ville, de jumelés ou de maisons en rangée avec un maximum de trois étages plutôt que de construire un immeuble de 175 logements de quatre à six étages. Les représentants de la ville n'ont montré aucune ouverture face à ces propositions. Beaucoup de résidants du quartier Maria-Goretti se considèrent donc victimes d'un abus de pouvoir de la part des élus qui, après trois séances de consultation, ont maintenu la décision d'imposer leur projet et de nier aux citoyens la possibilité d'en appeler par voie de référendum.

Parallèlement à ces événements, un avant-projet de loi modifiant la loi sur l'aménagement durable du territoire et l'urbanisme était étudié en commission parlementaire. Le représentant de la ville de Québec y a prôné l'abrogation de la procédure référendaire pour la remplacer par un processus d'information et de consultation populaire ne laissant aucun recours contraignant entre les mains des citoyens directement concernés.

Voilà ce que nous dénonçons. Ne plus être en mesure de faire efficacement contrepoids aux promoteurs qui ont souvent un accès privilégié aux élus municipaux. Ne plus pouvoir intervenir efficacement pour préserver ou améliorer la qualité de notre milieu de vie. La définition du bien commun ne doit pas être laissée à la seule discrétion de quelques élus qui, on l'a vu ailleurs, sont parfois influencés par des intérêts particuliers. En cette ère de mondialisation, le citoyen ordinaire doit encore pouvoir influencer les décisions qui ont un impact direct sur son environnement immédiat.

Nous, citoyens de Maria-Goretti voulons que soient maintenus certains processus contraignants de participation citoyenne; il en va du bon exercice de la démocratie non seulement à Québec mais aussi dans toutes les municipalités de la province.

Martin Gaboury
Onil Roy
Jacques Bédard
Pascale Guelle
Simon Evans
Erwan Jouan

 Le Soleil - 19 février 2012 - Page 25

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Commentaires (1)

1. François Leclerc 2012-02-20

Je trouve dommage que de la part de la ville de québec, que j'écris volontairement en minuscule, les têtes dirigeantes sont sans aucun respect envers las citoyens.

De plus faire des soit disant consultations publiques c'était un coup pour probablement gagner du temps... Ce que je crois c'est que les enveloppes brunes sont déjà données...

Le vendeur quant à lui (diocèse de Québec) s'est débarrassé d'une patate chaude. Ce qui est étrange c'est que les dîmes quêtes et tout autre forme d'argent encaissé par la paroisse n'ont jamais été taxées et l'église n'a jamais payé d'impôt.

Leur comité boussole dit que pendant longtemps ils ont cherché ce qu'ils pouvaient faire avec l'église... Je me pose la question bien trop tard bien sûr mais je sais qu'a Sainte -Foy dans la paroisse Saint-Denis ils ont transformé l'église en bibliothèque municipale. Je sais aussi que plein de conflits existe entre l'église St-Charles Boromé et la ville de québec en ce qui à trait au stationnement.

L'église de Sainte Maria à été désacralisé la même année que la bibliothèque se construisait...

Donc résumé la paroisse ou plutôt Le diocèse touche quelque chose qui tourne près d'un million pour créer un gros pâte qui met tout le quartier de travers. L'église devrait être à ceux qui l'ont payé pendant quarante ans.

Je suis aussi très surpris de voir que malgré les efforts que tout le monde à fait il reste encore du monde qui ignore que ça va se bâtir...

La ville encaissera des comptes de taxes qui seront comme les nôtres c'est à dire plus ou moins 3000$ multiplié par 172 résultat 516 000$ en taxe
le promoteur lui disait prix plancher 250 000 multiplié par 172 pour être réaliste.Ça fait donc 43 millions... Et nous la dedans de combien notre qualité de vie baissera t'elle...

Quand Monsieur Cloutier à donné sa terre pour faire du communautaire, je suis certain que lui non plus ne serait pas d'accord avec ce gros bloc la non plus.

La ville s'en fout changement de zonage le progrès doit passer.

Les projets du maire labeaume doivent être financés et pendant ce temps là nous on a rien à dire... Bizarre la démocratie.

Il y tant de chose qui pourrait être fait avec cet édifice mais aucune aussi payante pour la ville.

P.S. on a pas de salle Albert Rousseau à Charlesbourg ni de Cinéma le Clap ni d'école de cirque créons donc pour une fois quelque chose d'intelligent.
si au moins les promoteurs avaient été assez intelligents pour penser un observatoire sur le toit de l'édifice accessible à tous on aurait peut être vu des étoile et la vue sur la ville devrait être pas mal non plus.

M. Labeaume pensez y donc un peu une ville c'est des gens qui vivent ensemble et si ces gens là ont choisi une place tranquille il devraient pouvoir se sentir respectés par leur maire. Au lieu de sentir floués.

Merci!

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